Chez Éric Sibert
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Le Chili en VTT

Récit au jour le jour de notre expédition en VTT dans le désert d’Atacama au Nord du Chili.

Mis en ligne le 18/02/2005
Atacama et l’Altiplano au nord du Chili en vélo

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La bande des quatre

Nous sommes partis à quatre (moi-même Éric, Sylvain, Manu et Stéphane) pendant le mois d’août 1998 pour faire du VTT dans le désert d’Atacama.

3 août :
16 h 30 : départ de chez Stéphane. Course : porte-bagages+2 cartons chez GO Sport. Nous allons à Orly où nous avons le droit à une alerte à la bombe. Nous avons des problèmes avec les cartons et les vélos. Il faut enlever les cartons. Nous finissons d’enregistrer 10 minutes avant le décollage. À Franckfurt, nous voyons les manutentionnaires martyriser nos vélos.

4 août :
Escale à Buenos Aeres, nous arrivons à Santiago. Nous retrouvons les bagages et Stéphane qui a volé avec British. Le fond de l’air est frais (0°c) et brumeux. Nous nous renseignons pour Arica et nous obtenons un billet à 140 US$ avec 30 kg de franchise au lieu de 256 US$ à Paris. Sylvain se fait bouffer sa carte Visa dans un distributeur de monnaie. Nous reprenons l’avion pour Arica où nous arrivons après 29 h de voyage en tout. L’aéroport est à 18 km de la ville. Le temps de remonter nos vélo, il fait nuit. Nous partons dans le noir à travers le désert. Après quelques kilomètres, nous voyons les lumières de la ville au loin. Nous avançons et atteignons les faubourgs où il y a du trafic. Nous trouvons un logement dans le centre-ville. Celui-ci est très moderne par endroits.

5 août :
Au réveil, le ciel est bouché mais il se dégage rapidement. Nous parcourons la ville en tous sens pour préparer notre expédition. Nous cherchons des cartes détaillées mais c’est un échec. Nous faisons aussi un petit tour dans la vallée d’Azappa. Elle est verdoyante mais sans plus d’intérêt.
Total du jour : 40 km.

6 août :
Nous nous réveillons à 4 h 30. Nous prenons le bus pour Putre. Plus nous montons et plus il y a de végétation : cactus d’abord, arbuste et broussaille en suite. Arrivés à Putre (alt. 3460 m), il fait frais, d’ailleurs les bords du ruisseau qui traverse le village sont gelés. Nous nous installons dans un coin tranquille. Nous explorons le village. Il n’y a pas de problème de ravitaillement. Nous découvrons au bureau de la Conaf (administration des parcs naturels) la première carte du Chili avec des courbes de niveau. Après discussion avec un garde du parc, notre randonnée en direction de Colchane paraît réalisable. De plus, il nous montera un stock de nourriture à Parinacota le lendemain. Nous nous couchons dans la fraîcheur du soir.
Total : 6 km.

7 août :
Lever 7 h. Les duvets ont été limites pour Manu et Sylvain. Pulsations cardiaques : 100 à 120 coups/minute avant le départ. Nous faisons un petit essai en altitude sur la route de Parinacota. En 2 heures, nous parcourons 12 km jusqu’à 3955 m d’altitude. Après la pause repas, nous repartons jusqu’à l’entrée du parc à 4115 m que nous atteignons en une demi-heure. La plupart des véhicules que nous croisons nous font des signes amicaux. Nous redescendons à Putre avec une pointe à 63 km/h pour Stéphane. Au sommet, Manu a une chiasse avec mal au ventre alors que Sylvain n’a que la chiasse. Le soir, nous prenons tous une douche et faisons nos lessives.
Total : 33 km.

8 août:_ Lever 6 h 45. La montre de Sylvain annonce une température minimale extérieure de 0,4 °C. C’est très surprenant puisque le sol est gelé, de même que les vêtements qu’il a rangés humide dans sa sacoche. Par contre, ceux que nous avons laissés dehors et qui étaient givrés le soir, sont secs le matin : merci la lyophilisation. Après les dernières courses, nous partons chargés vers l’altiplano. Nous atteignons le point de bouffe de la veille avec seulement 20 minutes de retard sur 2 heures.

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Vers Las Cuevas

Nous continuons et dépassons le terminus à 4115 m. Nous nous engageons dans des gorges. Le vent nous est favorable mais froid. L’altimètre de Sylvain est hors-jeu. À la sortie des gorges, nous voyons nos premières vigognes. Peu après, nous arrivons enfin à Las Cuevas (alt 4310 m). Nous mangeons devant la cabane du garde. Après discussion, pour 15.000 pesos, nous pourrons dormir à l’intérieur du point d’information. Le soir, le garde coupe l’eau et purge les canalisations à cause du gel. Pour faire cuire nos pâtes, il utilise une cocotte-minute. D’ailleurs, nous aussi, passé 4000 m, nous ressentons le manque d’air.
Total : 25 km en 6 h.

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Parinacota

9 août :
Après l’ultime côte, nous débouchons sur l’altiplano. Le vent dans le dos nous permet d’atteindre les 65,8 km/h. D’une manière générale, le vent s’apparente à une brise de pente d’ouest qui tourne un au nord dans l’après-midi. Par contre, il s’arrête la nuit. Nous rejoignons rapidement Parinacota. Nous installons les tentes. Nous faisons un petit tour vers le nord. Le soir, les autochtones nous invitent à compléter les deux équipes de volley. Nous jouons jusqu’à la tombée de la nuit sur la place du village. Ensuite, nous allons, dans la nuit, manger à Chucuyo.

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Lagunas de Cotacotani
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enfants de Parinacota
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Lamas

10 août :
Nous déménageons en direction de Chucuyo. Puis nous allons au lac Chungara. Ça monte avec le vent dans le dos. Après un col à 4700 m, une descente nous conduis jusqu’au lac. Le retour avec le vent contre est plus dur et nous testons le relais. Après quelques photos de vigognes, nous retournons à Parinacota pour un volley. En attendant le match, nous étudions nos braquets minimaux : Éric 28/28=1, Stéphane et Manu 22/28=0,785 et Sylvain 24/30=0,8. Nous discutons avec les gamins du village, ça donne les dessins suivants. Nous rentrons manger à Chucuyo.
Total : 35 km.

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volcan Parinacota
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avant Chapiquiña

11 août :
Après moult discussions, nous décidons de ne pas aller sur Colchane mais de descendre sur Arica par Belen. Nous nous engageons sur les pistes de l’altiplano. Après quelques hésitations, nous nous retrouvons sur le bon chemin. Ça monte avec un vent défavorable et des camions nous dépassent en nous projetant des nuages. Enfin, après 35 km, nous atteignons le Portezuelo de Chapiquiña. Nous engageons une descente vertigineuse de 16 km. L’air se réchauffe rapidement. La piste est très poussiéreuse et nous sommes complètement salis. Nous rejoignons la route de Belen, plus propre. À la centrale de Chapiquiña, nous discutons un quart d’heure avec les carabiniers qui nous conseillent d’aller dormir à Chapiquiña même. En fait, nous nous arrêtons un peu avant.
Total : 55 km.

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Crevaison

12 août :
Le ciel est bouché et ne se lève pas de la journée. Nous partons en direction de Belen. Passé Chapiquiña, la route monte jusqu’à 3620 m avant de descendre sur Belen. D’après la carte, la route pour la vallée d’Azappa part 1 km après le village, dans un autre village : Lupica. Après deux kilomètres de descentes, arrivés dans un creux, nous sommes pris d’un doute. Nous remontons les 200 m de dénivelé jusqu’à Belen. Le plan du village mentionne l’ancienne route pour Azappa. Sur place, nous constatons qu’il ne s’agit que d’un chemin parcourable à cheval. Nous repartons en direction de Lupica qui est annoncé à 15 km sur un panneau. Après une descente, ça remonte bien. Nous nous arrêtons rapidement pour bivouaquer au bord de la route. Manu a des problèmes de dérailleurs.
Total : 30 km. +700 m de dénivelé positif.

13 août :
Dans la nuit, un pick-up passe, poussée par une demi-douzaine de personnes. Une autre personne passe à pied dans l’autre sens. Vers 8h, nous nous levons. Le ciel est toujours bouché et, dans l’après midi, nous échappons de peu à la pluie. Nous reprenons notre ascension (185 m en 2 km). Après une descente, ça remonte de nouveau avant d’atteindre Lupica qui est donc à 12 km de Belen. Il n’y a que trois maisons et nous en profitons pour faire le plein d’eau. Nous sommes un peu désemparés. Apparemment, la route pour Azappa n’existe pas. Nous sommes pris au piège. Le bus hebdomadaire ne passe que le lendemain. Alors, en attendant, nous continuons à rouler. Après le village, la route continue de monter. Un nouveau col et ça redescend sur Saxama. Au passage, un habitant nous dit que pour retourner sur Arica, il n’y a plus qu’une montée sur Tignamar à 6 km et ensuite, ça descend tout le temps. Effectivement, après 3 km de montée et de descente, nous rejoignons Tignamar, village assez important. Nous mangeons et repartons dans l’euphorie. Hélas, après quelques kilomètres, il faut déchanter, il y a une côte devant nous. C’est seulement après 15 km et 400 m de dénivelé que nous trouvons une route qui descends. Celle-ci traverse des gorges que nous parcourons à grande vitesse. Malheureusement, après plusieurs kilomètres, la route quitte en remontant sur le bord. Après cinquante mètres de dénivelé, nous jetons l’éponge et installons notre camps pour la nuit à 3050 m.
Total : 47 km. +950 m de dénivelé
Un groupe de motards passe dans la soirée sur la piste.

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Derniers cactus
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Dans le désert

14 août :
Au lever, un motard revient nous dire qu’il a perdu son portefeuille sur la piste. Après deux côtes, nous descendons à travers le désert. Régulièrement, les Chiliens ont fait remonter la route pour visiter le sommet local. Ça devient fatiguant, la chaîne de Stéphane se bloque et, surtout, nous n’avons qu’un litre d’eau pour quatre pour traverser 100 km de désert vraiment aride. À l’entrée d’Arica, nous trouvons un marchand de boisson. Nous buvons 2 l de coca et 2 1/4 l d’eau. Nous achevons la journée à la Residencia del Sur.
Total : 108 km.

15 août :
Nous nous reposons en ville en cherchant de l’huile pour les chaînes des vélos. Nous faisons un petit tour du côté des plages sud entre le port et la raffinerie. À 22 h, après négociation, nous prenons le bus avec nos vélos pour Calama.
Total : 15 km.

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Vallée de la Luna
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Vallée de la Luna et Licancabur

16 août :
Arrivée à Calama, il fait froid. Nous prenons de suite un bus pour San Pedro. Il fait plus chaud, principalement parce qu’il n’y a pas de vent. Le village est très touristique avec des hôtels, des restaurants et des agences de voyages. Nous nous installons et cherchons des renseignements pour les excursions dans les environs. Nous allons faire un tour dans la vallée de la Lune. Nous regardons le soleil se coucher puis nous rentrons dans la nuit en nous perdant un peu.
Total : 32 km.
L’eau est salée à San Pedro.

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Entrée en Bolivie

17 août :

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Vers Laguna Verde

Nous partons en direction de Lagune Verde. Après passage du poste de douane, à la sortie de San Pedro, à 50 km de la frontière, nous faisons du stop. Pour 30 US$, deux argentins nous prennent dans leur Trafic Renault. Durant la montée, le moteur chauffe. Ils projettent régulièrement de l’eau dessus pour le refroidir. Ils nous proposent de la feuille de coca pour l’altitude. À la bifurcation pour la Bolivie, à 4600 m d’altitude, nous reprenons nos vélos. Quelques kilomètres plus loin, nous franchissons la frontière sans autre formalité. Enfin, nous arrivons à un bâtiment au bord de la Lagune Blanc (alt. 4350 m). Nous faisons un aller-retour le long de la Lagune Verre. Le paysage est grandiose avec des flamants roses. Par contre, il fait froid et il y a du vent.
Total : 32 km.

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Refuge à côté de Laguna Verde
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Stéphane admirant la Laguna Verde
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Laguna Verde
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Flamands roses

18 août :

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Retour vers le Chili

Nous sommes réveillés par un vent intense à l’extérieur et à l’intérieur, aussi un peu. Le matin, nous repartons en direction du Chili. Nous sommes congelés malgré nos vestes polaires et nos anoraks superposés. Après 2 h 30 d’effort pour 14 km, nous parvenons au col à 4600 m sur la route principale. Nous entamons une descente de 2000 m de dénivelé, d’abord sur piste, ensuite sur route. À mi chemin, nous faisons une pause repas. Nous terminons toujours autour de 50 km/h. Enfin, nous rejoignons San Pedro.
Total : 59 km.

19 août :

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Canyon du diable

Journée de balade dans la vallée en amont de Quitor. Nous visitons les ruines de Catarpe, un ancien centre administratif Inca dont il ne reste pas grand-chose. Nous remontons les Gorges de Diable, un canyon taillé dans une roche très friable. Nous parcourons 4,5 km pour 110 m dénivelé avant de nous arrêter sur du terrain trop sableux pour pouvoir passer en VTT. Enfin, nous regardons le soleil se coucher depuis le Pukara de Quitor qui est un peu mieux conservé que celui de Catarpe. Le soir, nous nous battons toujours pour avoir de l’eau chaude dans les douches de la résidence Pukara.
Total : 32 km.

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Salar d’Atacama

20 août :

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Coucher de soleil sur la réserve de los flamencos

Nous partons pour Toconao par une bonne route. Nous y mangeons à midi avant de continuer sur la Réserve de Los Flamencos dans le Salar d’Atacama. Sur place, nous constatons que le sel n’est pas très blanc mais fais plutôt de gros paquets mélangés à de la terre. Il y a aussi trois flamands qui se battent en duel. Nous sommes obligés de ressortir de la réserve pour bivouaquer.
Total : 72 km.

21 août :
Au réveil, le ciel est bouché. Nous rentrons sur San Pedro. Sylvain est pris de violentes douleurs au ventre sur le chemin.
Total : 57 km.

22 août :
Dans la nuit, je vomis et j’ai la courante. Les voisins parlent bruyamment jusqu’à 2 h du matin. À 3 h 30, nous nous levons pour aller à El Tatio avec les vélos sur les toits des minibus. Sur place, le temps est bouché et chaud (0°C), ce qui n’est pas très bon pour les geysers. Nous nous baignons dans une piscine naturelle. Avec quelques flocons de neige qui tombent. Vu mon état de santé, nous décidons de retourner à San Pedro en minibus au lieu de rallier Calama en vélo. Nous prenons ensuite deux bus, pour Calama puis Antofagasta.

23 août :

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La Portada

Nous allons faire un tour à la Portada, une arche rocheuse au bord du Pacifique. Nous cherchons aussi la réserve naturelle de la Chimba mais nous ne la trouvons pas. Nous décidons alors de rentrer sur Antofagasta et de prendre un bus pour Santiago. Nous réservons pour 20 h mais nous ne partons qu’à 23 h, à cause des vélos.
Total : 20 km.

24 août : Après 19 h de bus et pas mal de films nuls (le grand tournois, sur la route de Madisson, Jumanji, début de Broken Arrow parasité, Haïdi), nous parvenons à Santiago. Nous faisons un peu de vélo dans la nuit, entre les bus, pour atteindre l’auberge de jeunesse.
Total : 4 km.

25 août :
Stéphane part le matin. Nous visitons le centre de Santiago mais il n’y a rien à voir. Il y a de larges avenues piétonnes entre des bâtiments modernes avec plein de gens bien habillés.

26 août :
Nous prenons l’avion. Comme film, nous avons le droit à Paulie, le perroquet qui prend la tête, puis à un film de Nicholson et c’est vrai, Nicholson en allemand, ça a du style.

Au final un superbe voyage avec 770 km parcourus en VTT dans des conditions pas toujours faciles.

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