Chez Éric Sibert
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Expédition spéléo Malagasy 2011

Expédition spéléologique dans les Tsingy de Namoroka

Mis en ligne le 18/01/2013
Madagascar 2011

Vendredi 29 juillet :
Je retrouve une partie de l’équipe pour l’expédition spéléologique, Nico et Alain. Laurent, le dernier participant potentiel, se fait attendre. Il doit arriver de la Réunion mais seulement le 1er août. Nous faisons quelques courses dans l’après-midi.

Samedi 30 juillet :
Nous effectuons le gros des courses de vivre en supermarché et nous réservons le taxi-brousse pour le lendemain.

Dimanche 31 juillet :
Il nous faut deux taxis pour nous rendre au stationnement avec tous nos bagages. Sur place, le chargement est long. Il y a une petite embrouille sur les places que nous avons réservées. Départ un peu avant 9 heure. Il n’y a pas d’évènements exceptionnels à mentionner durant le trajet. Le chauffeur téléphone beaucoup en conduisant. Pause à la nuit tombante dans un village pour décharger deux colis. Ça nous prend un bon quart d’heure. Arrivée dans la nouvelle gare routière de Mahajanga après 20 h. Nous restons sur un temps de parcours de 11 h 30. Installation à l’hôtel qui n’a plus que des chambres avec télévision. Nous mangeons dans un restaurant qui a encore changé de gérant depuis l’année dernière. Nous nourrissons aussi les moustiques.

Lundi 1er août :
Le matin, visite à MNP. Nous croisons Guy, le chef de volet à Soalala. Ensuite, descente sur le marché dans un premier temps pour faire réparer une toile de tente. Ce n’est pas simple. J’ai un gros coup de barre. Je vais me reposer à l’hôtel pendant qu’ils continuent les courses. L’après-midi, nous rencontrons Stanislas, le propriétaire et chauffeur du 4x4 qui doit nous emmener dans les tsingy. Nous mettons au point l’itinéraire en coordination téléphonique avec Soalala. Nous allons ensuite réserver le bac, retirer et changer de l’argent, trouver une tente pour Alain chez le chinois du coin et terminer les courses. Enfin, nous essayons de récupérer la toile de tente en réparation. C’est pas mal sauf que la fermeture éclair ne s’ouvre pas dans le bon sens. Le temps d’une reprise et la nuit est tombée.

Mardi 2 août :

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Sur la piste de Namoroka

Nous retrouvons le 4x4 à 6 h 30. C’est à ce moment là que Laurent débarque d’Antananarivo. Nous chargeons le véhicule. Nous faisons un crochet par la boulangerie pour prendre le stock de pain. Nous filons au bac. Il y a déjà la foule, y compris plusieurs 4x4 et camions. Une judicieuse commission du chauffeur permet de passer en premier et de partir directement avec le petit bac. À l’arrivée, le bac s’y reprend à deux fois pour accoster. Nous prenons un petit-déjeuner avant d’attaquer la piste. Pause-repas à Mitsinjo : riz + anguilles. Nous reprenons la piste. Le maître mot est : la garde au sol, c’est utile. Après une dernière pause baignade, nous entrons dans Andranomavo à la nuit tombante. Pour le dîner, on nous avait promis de l’oie mais c’est du vieux poulet qu’on nous sert. Coupure de l’électricité à 22 h.

Mercredi 3 août :
Réveil tranquille vers 6 h. Nous prenons le petit-déjeuner à Andranomavo avant de reprendre la piste. En chemin, nous perdons un moment la piste principale. Sur la fin, l’itinéraire des années précédentes n’est pas praticable en raison d’un niveau d’eau supérieur. Il nous faut un bon moment entre les explications contradictoires des autochtones pour trouver la déviation hors crue. Nous parvenons enfin à Vilanandro à 10 h, soit une heure de plus que la normale. Sur place, nous retrouvons Tantely, un des agents du parc. Pour manger à midi, ça ne va pas être possible. Il n’y a plus de gargote. Alors nous décidons de repartir dès que possible. Nous embarquons Tantely, Naby et Julien, les deux derniers étant de nouveaux pisteurs que nous ne connaissons pas encore. Le temps de capturer un coq et nous repartons à 11 h. Après avoir quitté la piste principale, nous raclons un coup le pont du 4x4 sur une pierre. Nous attaquons ensuite en pleine brousse pour rejoindre directement le camp sans être bloqués par des rochers comme l’année précédente. Nous parvenons à 13 h au plan d’eau. Celui-ci est à son niveau le plus haut depuis que nous le connaissons. Le 4x4 repart sans tarder avec Tantely pour tenter de rallier Andranomavo avant la nuit. Quant à nous, nous installons le campement. Nous trouvons un boa dans le garde-manger. En fin d’après-midi, pendant que je me repose, Nicolas, Alain, Laurent et Naby partent prospecter au nord du camp.

Jeudi 4 août :

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Dans le réseau

Après quelques averses dans la nuit, réveil au champ du coq. Nous terminons quelques détails de l’installation du camp. Tantely arrive en vélo suivi de Mamodjy, le papa de Naby, en charrette avec le ravitaillement. Nous ne décollons que vers 9 h. Tantely, Naby et Mamodjy nous accompagnent. À notre grande surprise, le chemin d’accès aux grottes a été entretenu. Renseignements pris, plusieurs groupes de touristes ont été amenés là pour visiter une des grottes que nous avons exploré les années précédentes. L’écotourisme avance. Pour notre part, nous retournons dans une des deux grandes galeries explorées fin 2010. Nous attaquons un départ à droite. De fil en aiguille, nous rebouclons bien dans la zone. Au retour, nous tentons un raccourci mais les hésitations font perdre le gain espéré. Retour à l’extérieur vers 18 h. Mamodjy reprend sa charrette et rentre directement à Vilanandro. Parmi les évolutions technologiques, il faut noter cette année l’utilisation de trépieds métalliques en remplacement des traditionnelles pierres en triangle pour maintenir les gamelles sur les foyers. Et Julien a profité de sa journée au camp pour fabriquer une table en bois afin de faire sécher la vaisselle.

Vendredi 5 août :
Réveil au chant du coq. Ça sera la dernière fois. Nous sommes à l’entrée avant 9 h. Tantely et Julien nous accompagnent. Nous complétons plusieurs passages entre les galeries explorées en 2010 le matin. L’après-midi, nous reprenons la grande galerie ouest mais nous partons cette fois à droite. Après plusieurs diaclases et interstrates, nous retombons dans des canyons au bout de la seconde grande galerie. Nous retournons à l’entrée par cette seconde grande galerie en 40 mn. Les explorations du matin ont permis d’optimiser l’itinéraire. Tantely et Julien rentrent dormir au village.

Samedi 6 août :
Julien arrive de bon matin, pas Tantely qui arrive trop tard pour notre départ. Ils ramènent un coq et deux poules. Laurent reste aussi au camp. Naby vient avec nous sous terre. Nous terminons la topographie des départs à l’est de la grande galerie ouest. Nous aboutissons dans le canyon forestier marquant la limite nord du bloc de calcaire que nous explorons. Nous mangeons au bord du canyon. Après le repas, nous faisons une tentative pour grimper sur les tsingy de part et d’autre du canyon. L’épaisseur de tsingy semble se renforcer vers l’intérieur du massif. Nous topographions encore quelques départs avant de partir en exploration vers l’intérieur du canyon. Nous visons un bloc de calcaire vers l’Est qui nous semble potentiellement intéressant. Après plus de 200 m de débroussaillage dans la forêt, nous atteignons le dit bloc. Il y quelques départs de galerie assez courts et surtout beaucoup de fractures à ciel ouvert. Nous faisons demi-tour vers 17 h. Nous sommes dehors à la nuit avec le premier quartier de lune.

Dimanche 7 août :
Le nouveau coq a un organe vocal puissant. Ce genre de caractéristique est un élément très défavorable à son espérance de vie. Nous rentrons sous terre à 9 h. Julien et Tantely sont de la partie. Naby qui reste au camp renforce la légende urbaine du crocodile dans le plan d’eau. Il prétend avoir vu un petit crocodile nager dans l’après-midi. Nous allons dans la salle à l’extrémité de la grande galerie est. Après une première sortie dans le canyon nord, nous rattaquons à l’intérieur et rebouclons pas mal. Nous terminons par une petite galerie supérieure bien chaude avec des chauves-souris. Retour dehors à la nuit.

Lundi 8 août :

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Entrée secondaire

Nous sommes à l’entrée à l’horaire habituel. Julien et Naby viennent avec nous. Sous terre, aussi bien à l’aller qu’au retour nous élargissons quelques passages clés. Nous continuons à explorer des réseaux à l’est de la grande galerie est. À midi, Laurent fait un feu de bois à la base d’un puits de lumière pour faire griller ses tartines de pain moisi. Ce sont surtout les guêpes vivantes dans les nombreux nids au dessus qui sont enfumées. Loin de les faire fuir, ça les rend agressives, nous obligeant à déménager notre lieu de pique-nique. Alors que nous sortons, le premier quartier de lune est dans l’axe de fracture d’entrée. Dans la forêt, nous croisons un microcébus. Le soir, à l’heure de la tisane, un groupe de lémuriens se fait entendre dans les arbres, juste au niveau de notre garde-manger.

Mardi 9 août :

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Autour du feu de camp

Nous nous scindons en deux équipes. Avec Nicolas, Naby et moi-même, nous formons la première équipe. Nous retournons dans la même zone que la veille. La seconde équipe reprend le canyon au nord. Après quelques chaos de bloc et plusieurs heures de progression, ils parviennent à jonctionner avec le nord du réseau. Ils décident de ressortir par le réseau spéléo plutôt que par l’extérieur. En arrivant au camp, je découvre un serpent devant ma tente. Il part tranquillement se réfugier dans le tronc d’arbre voisin avant de continuer vers la tente de Nicolas. Un peu plus tard, je retrouve un autre serpent, le même en plus petit. Je dors vraiment sur un nid de serpents. C’est la fin des oranges. Tantely et Julien rentrent à Vilanandro. Toute la nuit, il y a un vent glacial... à l’échelle locale.

Mercredi 10 août :
Julien revient de bon matin. Tantely n’a prévu d’arriver que vers 10 h. Nous partons sous terre groupés mais nous nous séparons rapidement en deux équipes. Avec Nicolas, nous continuons nos explorations dans le même secteur que les jours précédents. Nous commençons par tomber sur une zone de tsingy effondrés avant de trouver un secteur de grandes salles.

Jeudi 11 août :
On reprend les même que la veille et on recommence. Je pars avec Nicolas dans le fond du réseau. Néanmoins, en chemin nous quittons le cheminement habituel pour trouver un raccourci que nous topographions. Nous continuons en marge des réseaux des jours précédents. Quand l’heure a bien tourné, nous décidons de tenter une jonction avec les réseaux de 2009. Même si la progression n’est pas trop difficile, ça prend du temps. Quand nous jonctionnons, nous avons quelques difficultés pour trouver le chemin retour. Tantely fait l’aller-retour à Vilanandro dans la journée pour nous réserver des charrettes à zébu pour le retour. Naby rentre dormir au village en fin de journée. On entend une sono au loin dans la nuit. Il doit y avoir un bal poussière ambulant dans un village.

Vendredi 12 août :
À l’aube, la poule survivante se prend pour un coq. Naby revient dans la journée. Toujours deux équipes sous terre dans les mêmes zones. Julien rentre dormir à la maison. C’est la fin du pain... certes un peu moisi, mais quand même. D’une manière générale, nous sommes un peu serrés sur les vivres.

Samedi 13 août :
Julien fait le tour de la région pour nous trouver un poulet avant de rentrer au camp. Nicolas et moi-même, nous reprenons la suite de la veille. Ça va pas mal. Alors que l’heure avance, nous découvrons un dernier passage qui donne sur tout un réseau de diaclase. Nous sortons tardivement. Alain, Laurent et Naby continuent et rebouclent dans le même secteur que la veille.

Dimanche 14 août :

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Retour en charrette

Réveil comme d’habitude. Les deux charrettes arrivent assez tôt. Elles sont fournies par Mamody. Ce sont Naby et un autre jeune qui vont les conduire. Nous plions le camp. Au moment des comptes, bonjour les mélanges entre francs et ariary. Nous partons vers 9 h en marchant à côté des charrettes. Par un chemin de traverse, nous rejoignons la piste principale. Nous ressentons bien la chaleur que nous avions oubliée durant nos journées sous terre. Nous faisons la pause de midi au bord d’un bout de ruisseau. Au moment de repartir, les zébus ont disparu. Il faut une heure pour les retrouver. Ceux-ci sont repartis tous seuls en direction de Vilanandro, leur lieu d’origine. Ensuite, c’est la route habituelle. La nuit nous rattrape avant la chaîne de collines. La pleine lune remplace le soleil. La montée dans le sable est lente mais semble un peu plus rapide que les autres fois. Nous croisons Morily, le pisteur des années précédentes. Il rentre à pied d’une formation de catéchèse dispensée à Soalala par une quelconque secte américaine. Après les collines, tout le monde remonte sur les charrettes.

Lundi 15 août :

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Traversée à Soalala

Vers minuit, nous effectuons une halte dans Bekomanga. Les charretiers donnent un peu de paille aux zébus puis ils vont au bal poussière qui a justement lieu dans le village. Nous essayons tant bien que mal de dormir mais il y a un petit courant d’air froid et l’humidité qui tombe. À une heure du matin, alors que la panne du groupe électrogène du bal est réparée, je vais jeter un coup d’œil. Alors que je regarde de l’extérieur, le chef de quartier m’invite à entrer. Forcément, je ne passe pas inaperçu. On m’entraîne à faire des tours de piste de danse. J’ai un ticket auprès de la patronne du bar qui me paie une bière. À deux heures, nous reprenons la route. Nous atteignons le terminus de la piste avec le lever du soleil. Nous traversons l’embouchure du fleuve jusqu’à Soalala avec le bac. C’est la première fois que nous le voyons en service. En face, nous trouvons un taxi-brousse qui attend. Il propose de nous faire un transport spécial, ce que nous acceptons. Après une restitution auprès de la direction du parc, nous prenons la route. C’est sûr qu’avec un véhicule pour nous tout seul, c’est plus confortable, surtout que la piste a été un peu améliorée. Pause repas à Mitsinjo. Dans l’après-midi, la chaleur est toujours écrasante sur la piste. Nous parvenons à Katsepy à 16 h. Il n’y a pas la queue d’un bac en vue. Il n’y a pas eu de rotation l’après-midi. Comme nous sommes les seuls candidats à la traversée, nous devons aussi affréter une barque spéciale. Malgré le vent, les vagues ne sont pas trop formées. Nous avons le droit à une traversée expresse dans les embruns. Nous sommes à Mahajanga au coucher du soleil. Nous ne faisons pas de vieux os le soir.

À suivre...

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