Chez Éric Sibert
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Lac Alaotra

Arrivée à Madagascar et visite au Lac Alaotra

Mis en ligne le 18/01/2013
Madagascar 2011

Préambule

La décision pour le voyage 2011 a été un peu tardive, les coéquipiers pour l’expédition spéléologique étant incertains. Par ailleurs, je dois être de retour fin août pour le travail, ce qui n’est pas favorable pour avoir des billets d’avion à des tarifs raisonnables. En cherchant bien et à condition de partir 10 jours avant l’expédition, je trouve un vol à prix intéressant. Par contre, les prix montent vite, aussi je m’empresse d’acheter. Le lendemain, la contrainte professionnelle est annulée. Trop tard, il ne fallait pas se précipiter. Et dans le détail, c’est changement à Londres et Nairobi à l’aller et uniquement Nairobi au retour. Et comme le diable se niche dans les détails, je découvre une semaine avant qu’à Londres je dois changer d’aéroport. Une recherche sur internet me montre qu’en plus il n’y a pas de liaison directe. Ça sera métro plus train avec un changement dans Londres. Même si j’aurai 6 heures et demi en théorie, ça s’annonce épique, surtout si je dois me trimballer mes bagages. C’est alors que deux jours avant le départ, Air France me contacte pour savoir si je ne voudrais pas troquer mon premier vol Orly-London City contre un Roissy-London Heatrow. Comme ça me simplifie la correspondance à Londres, j’accepte volontiers moyennant un dédommagement de 50 € pour remplacer le réveil 4 h-taxi-TGV-RER-Orlyval-Avion-Métro-Train-Avion-Avion par un réveil 7 h-Tram-Tram-TER-TGV-Avion-Avion-Avion.

La veille du départ, je galère et ne parviens pas à convertir les données OSM pour mon GPS. Le script Python en version pré-alpha d’un quelconque geek boutonneux, ça ne le fait pas. Je termine mes bagages à minuit et demi.

Lundi 18 juillet :
111 kg, bagages compris, c’est parti pour l’aventure. Pas grand chose à signaler au début. Un gars bourré dans le TGV qui a vomi juste devant la sortie. Je récupère mon indemnisation à Roissy. Vol pour Londres sans problème. Quelques heures d’attente sur place, j’avais prévu de la marge. Léger cafouillage à la fin de l’embarquement. Nous prenons un peu de retard. Après 13 heures, me voici à survoler mon point de départ. Pour la suite du vol, nous allons contourner la Libye cette année. De toute façon, je ne suis pas au hublot pour voir le paysage. Petites turbulences par intermittence.

Mardi 19 juillet :
Nous atterrissons en zigzag à Nairobi à l’aube, sous un ciel bouché. Correspondance tranquille. Ensuite, nous attendons un bon moment sur les pistes. Enfin, c’est l’impression que j’en ai car je suis comateux après la nuit blanche. Nous finissons par décoller. Le soleil nous éblouit quand nous crevons le plafond nuageux. Arrivée à Ivato, l’aéroport d’Antananarivo. Le ciel est assez dégagé avec une bonne chaleur. Transfert chez des amis.

Mercredi 20 juillet :
Brouillard au réveil mais ça se lève ensuite. Je vais faire des courses en ville, égale à elle même, avec ce délicat fumet qui vous prend les narines, les yeux et les bronches. Je commence par le téléphone à la gare mais il y a une queue pas possible. En attendant, je tente le distributeur de billets en face. Pareil, la queue est importante. En remontant l’Avenue de l’Indépendance, je trouve un autre distributeur disponible. Je retourne à la gare où la queue n’a pas faiblit. Alors j’attends en regardant manœuvrer les trains de marchandise. Je vais ensuite au Relais des Pistards où Nicolas est arrivé avec sa femme et le petit dernier. Nous mangeons sur place.

Jeudi 21 juillet :
Réveil matinal vers 6 heures avec la lumière du jour. L’adaptation aux horaires malgaches commence à s’opérer. Quelques nuages qui se dissipent bien vite pour faire place à la chaleur. Je rallie le stationnement de taxi-brousse en mini-bus urbain. Sur place, il faut compléter le taxi-brousse mais c’est assez rapide et une demi-heure plus tard, nous partons. Ça roule bien. Nous arrivons à Moramanga à 11 heure. Je m’installe dans un hôtel pas trop loin du stationnement. Repas. Visite à l’office régional du tourisme. Réservation du taxi-brousse pour le lendemain matin. Malheureusement, les places de devant sont déjà prises. Tour en ville. Moramanga commence à se mettre au cyclo-pousse.

Vendredi 22 juillet :

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Rupture de direction

L’hôtel Nadia est sonore et bruyant la nuit. J’ai vraiment mal dormi. Le taxi-brousse décolle vers 9 heure. Ça commence par de la route goudronnée puis de la piste qui ne roule pas trop mal jusqu’à midi. Après la pause repas, le terrain devient plus vallonné et la piste se dégrade sensiblement. Dans une côte, la direction lâche et nous nous arrêtons assez brusquement contre le talus. Là, je me dis que nous sommes partis pour y passer un bon moment voir la nuit mais pas du tout, en une demi-heure, c’est réparé. Le chauffeur roule ensuite bien tranquille bien qu’il ne fût pas nerveux auparavant. Nous terminons par un bout de route goudronnée jusqu’à Ambatondrazaka. La ville me paraît grande mais le taxi-brousse l’a surtout parcourue dans le sens de la longueur. Je me trouve un hôtel. Le bar en face fait beaucoup de bruit à cause du THB tour (bière locale) mais ça ne dure pas tard.

Samedi 23 juillet :
Prises de renseignements divers par téléphone et internet pour la suite du voyage. Ballade en ville. Sieste. Le soir, j’essaie de trouver un bar qui ne ferme pas avec les poules. Bien que nous soyons samedi soir, je n’en trouve qu’un. Ça tombe bien, c’est celui en face de l’hôtel.

Dimanche 24 juillet :
Taxi-brousse pour Andreba Gara au bord du Lac Alaotra. Après quelques hésitations, on finit par me conduire au Camp Bandro, en périphérie du village. Dans l’après-midi, ballade pédestre au bord du Lac et dans le village. Le soir, le vent qui descend des collines est bien frais. Au moment de me coucher, je mets la couverture en double et la moustiquaire au-dessus pour limiter les courants d’air.

Lundi 25 juillet :

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Lac Alaotra
Roseaux hébergeant le Bandro

Réveil à 5 heure pour aller voir le Bandro, le lémurien mangeur d’eucalyptus et de bambou qui vit dans les roseaux au bord du lac. Le vent est tombé mais l’humidité est importante. Nous partons en pirogue à la lueur de la lune. Nous trouvons un premier groupe mais ils sont difficiles à distinguer dans la nuit. Et en plus, ils se réfugient à l’intérieur de l’îlot de roseaux. Nous tournons ensuite un bon moment alors que le jour se lève avant de trouver un second groupe. Ils se laissent plus facilement observer. Ils ne sont pas bien grands mais nous pouvons nous approcher à 3/4 mètres. Nous retournons sur la terre ferme après plus de 2 h 30 d’excursion. Après le petit déjeuner, je plie bagages. Je vais à pied jusqu’au centre du village pour continuer en taxi-brousse vers le Nord. Il y a déjà du monde qui attend mais il s’avère qu’ils veulent aller en ville, à l’opposé. Au bout d’une demi-heure, le premier véhicule qui s’arrête a de la place. J’embarque. Le receveur essaie un peu de m’entuber sur le prix de la course. J’arrive à Imerimandroso vers 11 heure. Alors que je traverse le village à la recherche d’un hébergement, je croise Laurent, un vazaha installé de longue date ici, limite zanatany (enfant du pays). Il me trouve une chambre dans la gargote en dessous de chez lui. Il me fait ensuite visiter le village : c’est jour de marché. Il m’invite à manger chez lui en famille. L’après-midi, nous allons nous renseigner sur les traversées du lac en pirogue. Le soir, il m’invite de nouveau à manger. Après le repas, nous regardons Slamdumb millionnaire. Nous sommes au générique de fin quand la Jirama coupe l’électricité.

Mardi 26 juillet :
La nuit n’a pas été très bonne. Une gastro est en train de s’installer. De plus, la literie est bien défraîchie. L’oreiller doit regorger de poussière, moisissures et/ou acariens. Mes bronches apprécient moyennement. Le matin, la pirogue démarre tranquillement à 9 h 30. Le peu de vent en début de traversée s’estompe rapidement ce qui fait que nous n’avons pratiquement pas de vague. Après une heure et demi, nous atteignons la rive opposée. Mes fesses commencent à bien souffrir d’être posées sur les lattes de roseau au fond de la pirogue. Alors que je pense que nous sommes arrivés, on me dit qu’il ne faut pas descendre. Seuls les piroguiers débarquent, le temps de prendre un petit déjeuner. Nous repartons alors dans un chenal au milieu des étendues marécageuses. Ça manque de tirant d’eau par endroit. Après une demi-heure, nous parvenons réellement à la terre ferme. Nous partons à pied jusqu’au premier village. Sur place, je trouve un taxi-vélo. Mais ce n’est possible de charger dessus mes bagages en même temps. Alors j’en affrète un second. Mon chauffeur carbure à la toaka gasy. Après plusieurs kilomètres de bonne piste, nous arrivons dans une ville le long de la route nationale. Ils me conduisent au stationnement des taxi-brousses. Je trouve de suite un véhicule prêt à partir. J’ai même le droit à une place devant. Par contre, c’est aussi une place en plein soleil et je cuis bien. De plus, le taxi-brousse est omnibus. À chaque village et hameau, voir plusieurs fois par village, nous nous arrêtons pour charger ou poser des passagers. Dans un village plus important, avec quelques autres passagers, on me transfère dans un autre véhicule. Je me dis qu’ils optimisent peut-être, style un omnibus et un direct mais je me rends vite compte que ce n’est pas le cas. Au moins le véhicule roule plus vite. 3 heures pour 70 km de route goudronnée, ce n’est pas une performance. De retour à Ambatondrazaka, c’est la foire régionale. Le stationnement n’est plus accessible et le chauffeur doit s’y reprendre à deux fois pour trouver où sa compagnie a été recasée. En ce qui me concerne, entre la chaleur et la gastro, je suis bien fatigué. Direction l’hôtel et dodo.

Mercredi 27 juillet :

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Embarcadère du lac Alaotra

La nuit a été agitée à cause de la gastro. De bon matin, je prends une assiette de riz en petit déjeuner. Je vais ensuite à la pharmacie en face de l’hôtel chercher un médicament plus efficace contre la gastro. Malheureusement, les filles au comptoir sont dépassées par ma demande. De plus, le patron est en train de prendre sa douche. On me demande de repasser une heure plus tard. À défaut, je vais voir une autre pharmacie plus importante en ville. Là, quand je demande de l’Imodium, on me trouve de suite la référence dans le catalogue puis le produit lui-même dans la réserve. Ensuite, je vais relever mon courrier électronique au cyber de la ville. Je fais un tour à la foire. Ceux qui organisent des jeux d’argent que j’imagine illégaux ne veulent pas que je les prenne en photo. À midi, je pars sur riz/poulet sauce et l’eau riz en boisson. L’Imodium semble efficace. Après la sieste, je commence par une ballade cartographique puis je vais réserver le train pour le lendemain matin. La première classe est presque complète. Le soir, je vais manger une soupe chinoise. Alors qu’on est en pleine foire et que le restaurant est quasi-plein, il ferme à 19 h 30.

Jeudi 28 juillet :

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Locomotive
Il manquait un truc pour partir d’Ambatondrazaka
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Pause du train
Un arrêt quelconque

Réveil aux aurores pour aller prendre le train. La ville est baignée d’une fine couche de brouillard. Quand j’arrive à la gare, il y a déjà la foule massée devant. Je passe par derrière pour photographier le train. Il n’y a que les wagons, pas de locomotive. C’est alors que je vois une affichette annonçant que le train ne part aujourd’hui qu’à 8 h 30 au lieu des 6 h 30 prévus. Je fais quelques photos pendant que le soleil se lève et chasse la brume. Je retourne en ville manger une assiette de riz en petit déjeuner. À 7 h 30, ils ouvrent l’accès au quai. La partie voyageur du convoi est constituée de deux voitures de seconde classe et une de première. Cette dernière est pleine avec 5 vazaha, une chinoise et le reste en familles malgaches plutôt aisées. À 8 h, une locomotive arrive avec deux wagons de marchandise. Le temps de manœuvrer un peu brutalement pour mettre les deux wagons à l’arrière et la locomotive devant, et nous partons à 8 h 25. Nous partons cahin-caha sur une voie à l’alignement médiocre. Nous roulons tranquillement à 25 km/h. Alors que le train ralentit, je vais pour me pencher au-dehors pour voir ce qui arrive mais le contrôleur me retient : nous franchissons un pont tellement étroit qu’il y a moins de 20 cm entre les armatures du pont et le wagon. È pericoloso sporgersi. Pour le second pont du parcours, le contrôleur me prévient à l’avance. En pratique, à l’approche du pont, il se positionne au centre de la voiture et vérifie que personne ne se penche. Après quelques gares, la voie s’améliore et nous roulons jusqu’à 40 km/h. Sur la fin, les enfants commencent à s’agiter. Nous parvenons à Moramanga à 14 h 30 : le retard n’a pas augmenté. Les taxi-brousses nous attendent devant la gare. Ça charge assez vite et en moins d’une demi-heure, nous sommes de nouveau sur la route. Par contre, je goûte moyennement la pause repas peu avant 16 h. Elle nous fait perdre une petite demi-heure plutôt que de filer direct sur Tana. Résultat, nous arrivons dans Tana à la nuit tombante, à l’heure des embouteillages. Les tarifs proposés par les taxis s’en ressentent.

À suivre...

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