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Aller à Namoroka, thème et variation

Comment rejoindre Namoroka en variant l’itinéraire

Mis en ligne le 5/02/2010
Madagascar 2009

Mercredi 22 juillet :
Départ vers midi de Grenoble en TGV. À Paris, Manu fait même le chauffeur pour me transférer de la Gare de Lyon à Orly, en échange de la clé de mon appartement. Enregistrement avec 4 heures d’avance. Petit retard administratif au décollage pour cause de tampon pas dans la bonne case. Vol de nuit. Film OSS 117 puis OS 117 et enfin OS 117.

Jeudi 23 juillet :
Escale à Nosy Be.

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Inspection de l’aile de l’avion

Ce qui devait être une escale express pour essayer de combler le retard au décollage se rallonge bien. En effet, l’opérateur au sol qui devait guider l’avion devant l’aérogare n’avait pas prévu la bonne envergure. Aussi, l’aileron gauche de l’aile a accroché un câble en manœuvrant. Et maintenant, l’aileron présente une bosse. Le technicien du vol fait des photos des dégâts, puis les envoie au siège à Paris qui fait suivre à Airbus. Après analyse, il apparaît que la structure de l’aile n’est pas déformée et nous sommes autorisés à repartir après deux heures de poses. Une heure plus tard, nous voilà à Tana. Liva m’attend à l’aéroport avec sa voiture flambante neuve. Direction le Relais des Pistards comme d’habitude. La météo est médiocre avec des passages de bruine. Nicolas est déjà arrivé de Tuléar. Dans l’après-midi, nous allons acheter du carbure et réserver le taxi-brousse pour Mahajanga. La circulation est toujours aussi dense et aussi polluante dans Tana. De retour à l’hôtel, Florent est là. Nous discutons un bon moment en arrosant le tout au Pastis. Le soir, nous allons au restaurant, un peu cher mais c’est pour fêter mon retour à Mada.

Vendredi 24 juillet :

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Courses à Tana

Nous commençons la matinée en allant retirer nos autorisations à l’Angap. Le soleil est de retour avec des températures bien plus élevées que la veille. Après un retour à l’hôtel pour faire du change, nous partons faire quelques petites courses à Analakely pendant que Liva rentre chez elle pour bosser. Nous mangeons en ville avant d’aller acheter des bidons pour l’eau au marché d’Isotry. Nous terminons les courses avec le gros des vivres au Jumbo. Le soir, nous hésitons entre deux restaurants. Ce qui est sûr, c’est que celui que nous choisissons ne connaît pas la crise. Il est presque complet.

Samedi 25 juillet :
Direction le stationnement de taxi-brousse où nous arrivons à l’heure prévue, soit 7 h 30. Par contre, il y a un autre passager qui lui est en retard et qu’on attend. Finalement, départ vers 9 h. On fait encore deux petites pauses, une pour l’essence et l’autre pour la pression des pneus. Nos bronches ne sont pas mécontentes de quitter Tana. Nous roulons sous un ciel chargé ce qui n’empêche pas la chaleur d’être pesante dès que nous quittons les hauts plateaux. Parcours sans encombres même si le fait de ne pouvoir déplier les jambes reste dur pour les genoux. Le chauffeur soudoie la maréchaussée avec les journaux du jour en provenance de la capitale. Nous arrivons à Mahajanga à 8 heures du soir. Nous nous installons au même hôtel que l’année précédente, le 5/5. Nous allons manger rapidement une pizza avant d’aller faire un gros dodo bien mérité.

Dimanche 26 juillet :
Après une bonne nuit de sommeil, réveil tranquille. Nous allons compléter nos courses dans différents marchés de la ville. Pour le pain, nous avons plus de difficultés et nous renonçons à trouver du pain de campagne le dimanche. La chaleur est vive dès la fin de matinée à Mahajanga. À midi, nous avons quelques difficultés à trouver un endroit pour boire et manger dans la zone touristique car tout est fermé. Finalement, en remontant dans la zone plus locale, nous avons plus de succès. L’après-midi, nous faisons la sieste en attendant que la chaleur se calme. Brochettes le soir.

Lundi 27 juillet :

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Bac Mahajanga-Katsepy
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Taxi-brousse

Réveil matinal pour aller au port. Nous essayons de trouver du pain de campagne dans deux boulangeries en chemin mais c’est peine perdue. Nous repartons seulement avec du pain de mie fort cher. Pour la traversée, on nous propose un frêle esquif sensé être plus rapide mais nous préférons assurer la sécurité et nous optons pour le petit bac au même tarif, surtout qu’en face, les taxis-brousse ne vont pas partir avant l’arrivée du bac. Départ de Mahajanga à 7 h 30 précise, comme annoncé. Après une traversée sans problème, nous débarquons à Katsepy. Nous trouvons sans difficulté un taxi-brousse pour Andranomavo. En effet, cette année, nous voulons tenter un accès du parc par le sud pour voir si ça va mieux que par le nord. Le véhicule n’est pas de première jeunesse et les paris sont ouverts quant à nos chances d’arriver à bon port. Pendant le chargement, il y a un troupeau de karana qui arrive en moto trial pour prendre le bac dans l’autre sens. À 9 h 30, nous nous mettons en route. Il y a un passager sur le capot avant, quatre sur la première banquette, chauffeur compris, cinq sur la nôtre et cinq dans le coffre sur les bagages sans compter le mètre de bagages sur la galerie. Nous ramassons pas mal de latérite dans l’habitacle. Cette sensation de coller avec un mélange de sueur et de poussière est excellente.

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Réparation du taxi-brousse

Ça roule correctement jusqu’à Mitsinjo où nous faisons la pause repas. Pendant que nous mangeons, ils commencent à bricoler sur les suspensions arrière du taxi-brousse. À la fin du repas, le remontage du véhicule est presque terminé. Nous allons pouvoir repartir. Erreur, ils l’ont juste remonté pour aller au garage. L’attente commence. La ville est un peu léthargique. On nous installe un banc pour que nous puissions nous asseoir à l’ombre. Il fait 31°C dans la dite ombre. Au bout d’un moment, nous allons faire un tour au garage. Le pont arrière de la voiture est complètement démontée et ils attendent 16 h que la Jirama envoie l’électricité pour pouvoir souder à l’arc. L’électricité arrive à l’heure. C’est aussi à ce moment là que la ville s’anime un peu. Nous allons nous boire une bière en regardant de la variété malgache. Le temps de souder et tout remonter, nous reprenons la route à 20 h 30. On nous annonce une arrivée vers minuit. Nous quittons la piste principale pour celle d’Andranomavo. Ça roule déjà moins vite mais avec toujours autant de poussière. Les bagages chatouillent la canopée. À minuit, nous sommes loin du compte.

Mardi 28 juillet :
Nous nous arrêtons dans un village au bord de la piste. Nous dormons quelques heures sur des nattes à même le sol. C’est un peu dur mais c’est quand même de bon cœur que nous nous reposons. À 4 h du matin, nous reprenons la route. Nous traversons plusieurs fois la même rivière avant d’attaquer une chaîne collines avec de bonnes côtes. Enfin, à 7 h 30, nous arrivons à Andranomavo dans un état de crasse assez avancé. Nous avons mis 22 heures pour faire parcourir 170 km. Ce n’est vraiment pas une performance. Mais nous ne sommes pas là pour faire du tourisme et nous voulons repartir. Nous nous renseignons pour un transport spécial. La seule proposition est avec le véhicule qui nous a amené jusqu’ici. Le tarif proposé est astronomique. En fait, le chauffeur n’a visiblement pas envie de repartir.

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Nos bagages en charrette
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Entre Andranomavo et Vilanandro

À défaut, nous nous orientons vers une charrette à zébu qui veut bien nous emmener jusqu’à Vilanandro en pleine journée mais pas au-delà. À 10 heures moins le quart, nous sommes de nouveau sur la route. Nous avons en fait deux charrettes et nous cheminons à côté pour une meilleure dose de latérite. Cuisson à point au soleil. Par moment, des tourbillons de poussière viennent nous tenir compagnie. Il y a aussi quelques rares nuages qui viennent de temps à autre masquer le soleil. Sur la fin du parcours, je monte sur une charrette. C’est plus de poussière mais moins de fatigue et de chaleur. À 13 h 30, nous sommes à Vilanandro. La distance réelle est de 17 km et non pas de 25 comme annoncés. Nous trouvons un premier agent du parc, François. Personne n’est au courant de notre venue. Assez rapidement, nous retrouvons Tantely, l’agent du parc de l’année précédente. Il nous offre le repas pendant que nous discutons organisation. Il n’y a pas de guide disponible, Môrila semblant avoir été attiré par les lumières de la ville et Justin étant déjà sur le terrain avec un groupe d’américains. Haja, la chef de secteur n’est pas non plus là. Néanmoins, Tantely nous organise notre départ avec lui-même et François qui jouera le rôle de gardien de camp. À 4 heures moins 10, nous partons avec une charrette avec des pneus à la place de roues métalliques. Cette fois, c’est Nicolas qui commence le parcours dessus. Nous faisons quelques haltes en sortant du village pour acheter des poulets, le tout agrémenté de courses poursuites. Nous quittons la piste et abordons la plaine d’Antsifostra à la nuit tombante. Heureusement, la lune permet d’y voir un peu et de guider la charrette. Nous faisons l’approche jusqu’au lac au GPS. Sur place, le niveau de l’eau est plus bas, peut-être seulement 30 cm, mais ça ne facilite pas le travail pour aller chercher l’eau. Il semble aussi que cette année, les zébus fréquentent le plan d’eau. Nous nous installons. Nous dérangeons quelques scorpions en déplaçant des pierres. Il y a aussi pas mal de petites grenouilles. D’ailleurs, je partagerai ma nuit avec l’une d’entre elles mais elle ne se transformera pas en prince charmant. Enfin, je dis ça mais je n’y tenais pas particulièrement. Nous n’avons jamais été aussi sales à l’arrivée. Cependant, nous ne nous sommes pas trop cassé le derrière dans des charrettes et nous avons gagné un jour sur le temps d’approche.

À suivre...

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