Chez Éric Sibert
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Retour des Tsingy de Namoroka

Comment ressortir des Tsingy de Namoroka ...

Mis en ligne le 3/12/2006
Madagascar 2006

Mardi 1er août :
6 h du mat, le jour se lève, je claque des dents, j’ai des frissons mais pas charrette. 7 h du mat, je ne claque plus des dents mais toujours pas de charrette. 8 h du mat, nous avons tout rangé, plié et pas la queue d’une charrette. Nous cachons les sacs et nous partons à pied pour Vilanandro. Nous prenons deux chemins différents pour être sûr de ne pas rater une hypothétique charrette. Une heure et demi plus tard, nous sommes à Vilanandro où nous retrouvons Moryl. Il n’a pas trouvé de charrette et quand bien même il en aurait trouvé une, il n’avait pas compris qu’il fallait nous l’envoyer au campement. Finalement, nous trouvons Modeste qui accepte de nous emmener pour 150.000 FMG. Par contre, il ne veut pas partir tout de suite, à cause de la chaleur pour ses zébus. Nous traînons dans le village. Nous commençons par aller boire de la THB.

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Johasy jouant aux dominos

En ressortant du bar, avec la chaleur, c’est un peu le coup derrière la tête. Nicolas explore les archives du bureau de l’Angap. Celles-ci remontent sur plusieurs décennies et sont dans un état de décomposition avancée. Nous prenons le repas à l’hotely du coin puis le café chez Johasy. Le soleil tape de plus belle. Et nous sommes partis à 15 h. Heureusement, quelques nuages viennent de temps à autre adoucir le soleil. Un fond de paille dans la charrette permet de la rendre plus confortable qu’à l’aller. Parce que dans le coin, ils ont inventé la roue ou au moins pris une licence dessus. Par contre, ce n’est pas encore le cas pour le pneu et la suspension à latte comme dans d’autres régions de Madagascar. Une heure dix plus tard, nous sommes de retour au camp où nous chargeons les sacs sur la charrette. Et c’est parti. Nous rejoignons la piste principale et c’est tout droit pour Soalala.

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Le soleil se couche

Au coucher du soleil, nous faisons une pause à côté d’un étang. Modeste nous offre du manioc à manger. Nous repartons, éclairés par le premier quartier de lune presque complet. Nous attaquons la chaîne de collines. Quelques pierres viennent agrémenter le chemin, rendant le parcours plus chaotique. Ensuite, le sable fait place à la latérite. Les zébus peinent dans la montée et Modeste leur fait faire de nombreuses pauses. Après le passage de la crête, la latérite est de retour, rendant la descente un peu brusque. Le ciel est clair, sans doute à cause de la lune, et les arbres apparaissent comparativement plus sombres, complètement noir. Par moment, quand nous passons en sous-bois, j’ai l’illusion que c’est l’inverse, que ce que je vois en noir est le ciel et le plus clair au milieu, les arbres éclairés par la lune ou les phares d’un véhicule. Je commence à ne plus avoir de notion de temps. Nous arrivons dans un village où des enfants jouent dehors. J’ai l’impression que nous sommes en pleine nuit alors qu’il n’est que neuf heures et demi du soir. Nous continuons dans un vallon avec beaucoup de passages dans l’eau qui ne nous avaient pas autant marqués à l’aller. Nous ne voyons plus directement la lune et elle se couche vers 11 h.

Mercredi 2 août :
Nous avançons toujours dans une nuit où seul un malgache peut voir quelque chose. Interminable. Je n’ai jamais vu autant d’étoiles filantes en une seule nuit. Il faut dire que vautrés sur les sacs à l’arrière de la charrette, nous n’avons que ça à faire. Nous traversons une zone à découvert. Il n’y a plus d’arbre pour se repérer. J’ai l’impression d’être secoué en faisant du surplace. Enfin, au loin apparaît une lueur puis un bruit de moteur. Petit à petit, nous nous rapprochons et nous arrivons au débarcadère, à côté de l’usine à crevette. Il est quatre heures moins vingt et il nous a fallu 13 h pour faire 50 km. Malgré le bruit et l’odeur... heu non, juste le bruit du générateur de l’usine, nous nous installons pour dormir au pied des bottes de raphia. Réveil à 6 h du matin, nous traversons en pirogue pour aller à Soalala. Nous allons de suite à l’Angap. Chefs Hubert et Guy sont très intéressés par nos découvertes. Ils prêtent aussi une attention particulière aux prélèvements sauvages des guides et agents. Enfin, ils nous trouvent un taxi-brousse direct pour Katsepy qui doit partir dans l’après-midi. Il est normalement assez fiable. C’est un Land-Cruiser de Toyota à robe bordeaux à l’origine. Pour passer le temps, nous allons boire un coup en ville. Nous commençons par le passage du Nord dont la bière est moyennement fraîche. En repartant du bar, l’adjoint du commissaire de police, en civil et légèrement bourré mais avec son arme de service, veut savoir ce que nous faisons à Soalala. Quand nous sortons le mot-clé Angap, il comprend tout de suite à qui il a à faire et n’insiste pas. Nous enchaînons sur le bar du port dont la bière bien fraîche passe mieux, accompagnée de Cracky. En sus des marins déjà mentionnés, il y a aussi là un gendarme dont l’avenir ne semble pas des plus brillant. Retour à l’Angap où à l’heure dite, le taxi-brousse vient nous chercher sur place. Nous avons deux places devant. En théorie, il peut y avoir une troisième personne à côté de nous en plus du chauffeur. Mais je ne vois pas trop qui d’autre qu’un cul-de-jatte pourrait s’y installer sans gêner les leviers de vitesse. La question ne se posera pas en pratique. Derrière, ils sont jusqu’à cinq par banquette, plus les enfants qui ne comptent pas. Nous partons sans tarder, à 15 h. Ça roule bien au début, à 80 km/h dans le sable le long de l’aéroport. Ensuite, de jour, nous voyons bien la piste que nous avons subie à l’aller, avec sa caillasse et tout. Sauf que ça passe beaucoup mieux. Nous posons du monde en route, dans un bled nommé Analalava. Nous continuons dans des zones désertiques jusqu’à Mitsinjo. D’après le chauffeur, la région est la proie du brigandage et les locaux ne se déplacent plus qu’en groupe ou armé d’un fusil comme nous avons pu le voir. Nous arrivons à Mitsinjo à 18 h 30, en 3 h 30 de voyage. Cherchez l’erreur. Pause repas et nous repartons. De nouveau, pause rapide à Malakia. Puis ça reprend. Le seul inconvénient, pour nos deux places de devant, ce sont des remontées d’air chaud du moteur. À force, c’est très pénible. Et tout compte fait, vu le nombre de personnes restantes, à trois par banquette arrière, je pense que ces places sont bien meilleures que les nôtres. Sinon, pour le véhicule lui-même, il n’y a pas grand chose à signaler. Comme d’habitude, c’est un modèle avec frein à pompe. Il faut aussi lui remettre régulièrement de l’eau dans le circuit de refroidissement. Et quelques fois, il faut resserrer des écrous pour empêcher certaines pièces de s’en aller. Nous dépassons le Land-Rover de l’aller qui est en rade au bord de la route. Dernière pause pour un bon café pour le chauffeur à Androhibe, là où les téléphones portables commencent à capter. Arrivée à Katsepy à 22 h 45. Atmosphère chaude et moite. Nous tentons d’aller dormir à l’annexe de Madame Chabaud mais nous ne trouvons personne pour nous ouvrir un bungalow. Alors nous campons sur place.

Jeudi 3 août :
Réveil avec le soleil, enfin à peu près parce que le ciel est nuageux. Petit déjeuner sur place puis nous allons à la plage chercher une traversée. Le Land-Rover est sur place en cours de réparation. Ceci reste quelque chose de difficile à comprendre pour un occidental. Sur la même liaison, il y a deux taxi-brousses, un qui ne va pas trop mal et l’autre, complètement pourri, qui tombe en panne à chaque voyage. Ce dernier est connu comme le loup blanc. Les deux taxi-brousses sont au même tarif. Et pourtant, on continue à trouver des locaux qui emprunte celui à problème. Mystère. Nous trouvons une barque en partance. C’est la version maritime du taxi-brousse mais celle-là n’est pas trop chargée et il y a des gilets de sauvetage pour ceux qui veulent mais pas pour tout le monde. La traversée ne pose pas de problèmes particuliers mais elle est assez longue, une heure trente. Nous sommes légèrement éclaboussés par les vagues. À l’arrivée, par contre, c’est la bagarre avec les porteurs qui nous arrachent et s’arrachent entre eux nos bagages. Situation assez tendue mais nous arrivons finalement à partir en taxi. Pour trouver un hôtel, c’est par contre plus difficile à cause des vacances. Les gens de Tana sont arrivés en masse. C’est complet chez Madame Chabaud. Nous finissons par trouver un hôtel avec deux chambres libres, dans le style très basique. Mais nous n’avons pas trop le choix. Une fois installés, Nicolas va réserver son retour sur Tana pour le lendemain. Dans l’après-midi, nous allons relever nos boîtes aux lettres électroniques dans un cyber. Je recherche aussi un hôtel pour les nuits suivantes. Puis ballade sur le bord de mer. Bonjour au baobab de Majunga. Nous continuons sur la route de la corniche suivant la direction de laquelle proviennent les nombreux touristes vazaha ou gasy avec leur serviette de plage. Après plusieurs kilomètres, nous arrivons effectivement à une plage. Elle n’a rien d’extraordinaire mais sans être trop sale non plus. Nous prenons une consommation à proximité. Dans la soirée, nous buvons quelques coups chez les belges et mangeons chez Mme Chabaud. Les belges ont l’avantage d’être à proximité de la maternité, un des rares quartiers à ne pas être soumis à des délestages tournants.

Vendredi 4 août :
De bon matin, j’accompagne Nicolas au stationnement. Nous arrivons à l’heure prévue, soit 7 h. Son taxi-brousse paraît bien vide. Il va sans doute devoir attendre un bon moment qu’il se remplisse. Nous prenons le petit déjeuner à proximité puis nous nous séparons. Je repars à la recherche d’une chambre d’hôtel. En comptant les tentatives de la veille, j’en suis à une dizaine quand je trouve enfin une chambre. Elle sera libre à midi. Je retourne sans attendre à l’ancien hôtel récupérer mes affaires. J’ai l’impression que le personnel de l’ancien hôtel est soulagé de me voir partir, ne faisant pas partie de la clientèle habituelle. Je profite du nouvel hôtel pour mettre une bonne dose de linge à la blanchisserie. La terre, la poussière et la latérite ont bien imprégné l’ensemble, le tout mélangé avec une dose de transpiration. La blanchisserie n’arrivera pas à tout récupérer. Pour le reste de la journée, balade en ville. Le soir, tour au Blues’Rock café et à la boîte sous-jacente, le genre où il faut flinguer pour respirer.

Samedi 5 août :
Les karana aiment bien le carrelage. Ça rend l’hôtel est assez sonore et les grasses matinées sont difficiles. Je commence par aller faire un tour au port aux boutres, à la manutention très manuelle. Je voudrais aller à Analalava en boutre. Renseignements pris, il y a deux boutres qui doivent arriver dans la soirée mais ils ne vont repartir que dans 4 à 5 jours. Il va falloir trouver une autre méthode. Petite promenade sur le bord de mer et re-bonjour au baobab. Ensuite, direction le stationnement où je réserve un départ pour Port-Berger le lendemain matin. Sieste dans l’après-midi. Finalement, ça permet de passer la période de fortes chaleurs assez confortablement. En début de soirée, retour sur la promenade bord de mer pour manger des brochettes. Je découvre que c’est ici le lieu de rendez-vous des touristes le soir. Question foule, ils vont bientôt faire concurrence à la Côte d’Azur. Je m’installe à un stand à proximité de l’Alliance Française. Ils ont sorti la sono devant le bâtiment et diffusent une programmation plutôt couleur locale. Ensuite ils retransmettent sur grand écran l’étape du jour du tour cycliste de Madagascar. Il n’y a pas foule au bord de la route au milieu de brousse pour encourager les coureurs. Sur le stand lui-même, il n’y a pas d’eau minérale, juste de la limonade, goût bonbon anglais et j’ai du mal à m’y faire. Je termine la soirée avec une pizza calzone cuite au feu de bois à la Plantation.

À suivre

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